SENSITIVE

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TRANCHES DE VIE

LES ANNEES BONHEUR
LES ANNEES BONHEUR

CONCENTRÉ D'ENFANCE

J'ai eu une enfance très heureuse, des sensations, des odeurs  sont encore là comme si c'était hier et lorsque le bonheur m'a semblé insaisissable, je me suis raccrochée à MES ANNEES BONHEUR

Pensées et tranches de vie 💜

True colors

Mes stylos parfois s'agitent et ce, depuis longtemps. Soit pour poser des mots, soit pour laisser filer des courbes ou des lignes. 

Si cela vous dit, je vous emmène dans ma vie

LES ANNÉES 70, les années bonheur

La maison de ma petite enfance de 1966 à 1973  se trouvait dans une avenue bordée de platanes, inaccessible aux voitures. 

Quel bonheur de n'avoir que deux marches à descendre pour courir en toute liberté...

C'est là que j'appris, à marcher ( je ne m' en souviens pas 😉)  à faire du patin à roulettes, de la trotinette et du vélo... sans les stabilisateurs...

JE ME SOUVIENS...

Un joli vélo rouge, comme ma trotinette d'ailleurs.... et mes deux voitures à l'âge adulte 🤔 Fan des pompiers dès l'enfance ?😉

Ma sœur de quatre ans mon aînée, tenait la selle.... Je pédalais,  en toute confiance... un coup d'œil derrière....Plus personne ! Première chute... 

Coups de pieds dans les feuilles des platanes qui tapissaient le sol en automne, pour les faire voler ou en faire de jolis bouquets à ramener à l'école.

L'école, où paraît-il, le 1er jour de la 1ère année, trop habituée à être gardée seule par ma grand-mère,  je restai toute la matinée debout près de l'entrée de la classe, ne voulant pas m'asseoir avec les autres élèves. La fatigue eut raison de mon entêtement, je finis par capituler et accepta une des petites chaises que me présenta l'institutrice.

Notre premier chat Mickey... Premier hamster qui, un beau matin, se fit la malle par un petit trou de notre cour me laissant plantée là à attendre les larmes aux yeux. Premiers poissons rouges, compagnons du quotidien pour la petite fille trop sage que j'étais...

On m'appelait "la plume"...

La raison ? une manche de pyjama usé qui ne me quittait pas, devenue un doudou que je me passais sous le nez et qui me chatouillait comme une plume 🪶





 Happiness Power

A l' époque du Flower Power aux USA avec Woodstock et sa panoplie de chanteurs dont je fis la connaissance qu'à l'adolescence, mes parents eux, écoutaient Luis Marianos, Violettes Impériales et l'Auberge du cheval blanc 🎶. Des opérettes joyeuses qui m'ont bercée et dont nous reprendrons les refrains pendant encore de nombreuses années.



BIENVENUE AU 27

Quelques années plus tard, ce fut une petite maison dans le même quartier qui nous accueillit, juste en face de chez ma grand-mère maternelle,  Mamy Hélène, toute en douceur,  comme maman.

Mamy, couturière, femme discrète, contrainte à l'époque d'épouser Henri, un soldat - coiffeur de métier - de retour de la guerre de 14-18....

Mamy, toute en rondeur avec son nez "bille de clown"  Mamy devenue alors coiffeuse à Doué la Fontaine puis à la retraite sur Angers. 

Mamy et le clac, clac, clac de l'anti monte lait dans la casserole. Mamy et mes habits de poupées confectionnés par ses doigts de fée, plus tard, raidis par la maladie de Parkinson.

Mamy et ses cousins viticulteurs de Passavant sur Layon chez qui nous allions chaque année,  après les vendanges,  ramasser les dernières grappes et emportions quelques bouteilles de coteau du layon blanc.

COLLÉS, SERRÉS.....

Maman que papa appelait minou

Papa que maman appelait matou

Kiki pour Christine

Babé pour Élisabeth...

Nous étions 4, le chiffre du bonheur 

Il y avait peu de mètres carrés, "au 27", mais, je n'y ai que de bons souvenirs, mis à part ma période "peurs nocturnes", où je voyais les meubles de la chambre bouger et venir m'affronter juste avant de m'endormir...

Mes parents dormaient dans le canapé lit du salon. Ma sœur et moi partagions la même chambre au papier peint orné de grosses fleurs flashy multicolores ! 

Et oui, Années 70 !...

Avec une grande planche en polystyrène placée entre les deux lits, je me fabriquais parfois une petite pièce, hors du temps, pour rêver à mon aise.

Les toilettes se trouvaient à l'entrée d'une petite cour ; il fallait mieux prendre ses précautions avant le coucher pour ne pas avoir à passer devant l'entrée sombre de la cave pour y accéder dans le noir et le froid de la nuit !

Petites, étaient également la cuisine et la salle de bains. 

Nous étions serrés "les uns contre les autres" mais qu'est ce qu'on était bien !

JE ME SOUVIENS...

Soirée télé, petit poste noir et blanc, tous les 4 dans le canapé converti en lit et, papa, s'enfonçant petit à petit sous les draps pour, finalement, se mettre à ronfler... Fous rires... chut ! pas trop fort, pour ne pas le réveiller.

Et chacun regagnait son lit pour la nuit🌛

J'étais une gamine de la ville qui s'amusait parfois dans les rues de mon quartier avec Valérie,  Agnès ? Je ne sais plus trop.

Par contre...

JE ME SOUVIENS 

Challenge : sonner à toutes les sonnettes des immeubles du Bd St Michel et piquer un sprint de peur de se faire prendre....

La petite fille sage parfois lâchait prise, et cela se terminait dans les jardins des immeubles de l'avenue Montaigne, prises d'un fou rire  ne pouvant plus nous retenir de faire pipi cachées derrière les buissons....

MASSAT - ARDECHE
MASSAT - ARDECHE

VACANCES 👨‍👨‍👧‍👧

Chaque année, à cette époque, mes parents réussissaient à mettre de l'argent de côté pour nous emmener ma sœur et moi en vacances, deux ou trois semaines en tout. Soit à la mer, soit à la montagne... Dans tous les cas, avides de découvertes, dans un endroit différent à chaque fois.

Au début, c'était avec la caravane que nous nous retrouvions, au petit matin, après une longue nuit de voiture, sur une place de village à savourer un bon chocolat chaud au premier café ouvert. Les yeux encore fatigués de n'avoir pas dormi, trop heureuses de voir la route défiler, bien au chaud dans nos sacs de couchage.

JE ME SOUVIENS...

La place vide d'un village, à priori un bon endroit pour s'arrêter pour la nuit. Chacun sur sa couchette dans la caravane et bonne nuit....Oui mais...

5h du matin  on frappe à la porte....Messieurs dames, vous êtes en pleine installation de notre marché, oust ! Vous n'avez rien à faire ici....

Souvenir parmi tant d'autres...

Et, nous posions nos bagages, soit près d'un champ de lavande, de blé, d'une vigne, soit pas très loin d'un cours d'eau où j'adorais patauger dans les petites cuvettes qui se formaient en construisant des mini barrages de pierres. Villages de Lego au pied d'un arbre, nature, sacs à dos, randonnées...la liste des "petits rien" qui me faisaient du bien pourrait être longue...

JE ME SOUVIENS...

Dans les alpages, les yeux grands ouverts, émerveillée....

Une marmotte pointe le bout de son museau et j'arrive à capter ce moment avec mon petit appareil Kodak !

C'est de tous ces moments d'évasion que m'est venu l'amour de la nature.

Cela nous valait également des rencontres inoubliables :

Une location proposée par la Famille Pintat en Ariège à Massat, lieu-dit Raouly, après des kilomètres de routes tortueuses et de plus en plus étroites... proches des ravins. Papa concentré, Maman accrochée à son siège, ma sœur et moi confiantes...Tous pressés d'arriver.

Et nous y arrivâmes....soulagés mais surpris de découvrir une simple petite bâtisse, le sol encore en terre battue. Déception pour Maman, fatiguée par le long voyage mais la bonne humeur revint vite grâce à l'accueil des propriétaires.

Ah!!... monsieur et madame Pintat et leurs deux petits enfants anglais venus pour les vacances et qui arboraient fièrement les costumes locaux prêtés par leurs grands-parents.

Des personnalités comme je n'en ai jamais rencontrées d'autres dans ma vie.

Monsieur Pintat, 80 ans, fauchant encore manuellement ses champs pentus en pleine chaleur. Madame Pintat nous accueillant chez elle, sans complexe, poitrine très généreuse en soutien gorge à dentelle noire, nous montrant avec fierté les magnifiques châles qu'elle crochetait tout en regardant la télévision.

"Je l'ai encore votre châle, vous savez Madame Pintat... Maman me l'a laissé sachant qu'il me rappellerait toujours de bons souvenirs..."

Madame Pintat et ses délicieuses tartes aux myrtilles ; myrtilles cueillies par nos soins lors de nos ballades et que nous lui apportions les lèvres encore colorées d'en avoir trop mangées sur le chemin...

Des personnes hautes en couleur et d'une générosité inégalable.

Cueillette des myrtilles
Cueillette des myrtilles
BRIOLLAY
BRIOLLAY

BRIOLLAY

Plus tard, mes parents firent construire une maison à la campagne avec, son petit bois derrière où, Miquette, notre deuxième chat arriva un beau jour tout bébé...

JE ME SOUVIENS

Un faible miaulement sort d'un sac en toile dans le coffre que vient d'ouvrir papa...

Quelle joie ! lui qui n'en voulait plus...

La construction mit du temps à se faire après avoir défriché une bonne partie du terrain couverte de ronces. Les murs montaient petit à petit

JE ME SOUVIENS

Grimpée sur les larges épaules de mon parrain, Antoine, 1m95 de tendresse, le grand frère protecteur dont j'ai toujours rêvé...

Le toit de la maison n'est pas encore monté et le voilà lançant dans un geste puissant, une pomme, tombée d'un des nombreux pommiers, du salon jusque dans le champ du voisin d'en face...

Et moi, toujours grimpée sur ses épaules, admirative, j'applaudis...

Mon héros ❤

Souvenirs d'espace, d'air pur, de ballades, de l'odeur de l'herbe fraîchement tondue, de cueillettes de petits champignons tout blancs et de feux de cheminée dans laquelle nous faisions cuire soit des pommes de terre sous la braise, soit des châtaignes dans une poêle spéciale à trous !

JE ME SOUVIENS 

Un faible pépiement....un bébé pie tombé du nid. Kiki et moi l'avons recueilli, nourri car pas de parents en vue...Une fois requinqué et quelques jours plus tard...il ou elle s'envola

Souvenirs de l'odeur du cardigan rose de Maman, de mes jeux de poupées avec ma cousine Sophie mais aussi d'une souris grimpant le long de la jambe du pantalon à patte d'éléphant de Kiki, ma sœur, après une course poursuite dans le long couloir humide.

Quant aux couleuvres et/ou vipères dans le petit bois....n'en parlons pas...Kiki s'amusait à ramasser leurs mues et à les suspendre au fil à linge pour effrayer maman 😉

Où est le pot à lait que je ramenais de la ferme, rempli du bon lait chaud tout frais tiré du pis des vaches ?

Où sont les pieds de cochons vinaigrette échalote que papa , en digne fils de boucher, avait pris l'habitude de nous acheter et que nous mangions avec les doigts pour le plaisir de les sucer à la fin en riant... ?

Plein de petits riens qui nous faisaient du bien....Un sentiment de légèreté, d'ambiance "bonne enfant " qui ancrée au fond de moi m'a aidé à surmonter les épreuves de la vie.


SENSIBILITES

Ma sœur a toujours été plus extravertie que moi. Dans les rares réunions de famille, que de compliments sur sa personnalité. Moi, j'étais là ... calme ... discrète voire effacée. Les petites cernes déjà existantes sous mes yeux et mon teint pâle me valaient les remarques habituelles : "Qu'est ce qu'elle a l'air fatiguée Babé ... !"

Maintenant que je sais ce qui m'est arrivé ensuite, d'un point de vue médical, et qui m'a amené une fatigue persistante... Je me questionne...simplement...

Sophie, ma cousine du même âge venait passer les vacances avec moi à Briollay et nos jeux de poupées animaient nos journées. Elle m'amenait de la joie, de l'insouciance, des fous rires. Nous étions différentes de caractère mais nous nous entendions bien.

J'ai peu de souvenirs à l'âge de 13, 14, 15, 16 ans avec ma sœur. Mes parents lui avaient acheté une moto de petite cylindrée et elle s'échappait de plus en plus...

4 ans de différence, des jeux différents, une sensibilité différente, un fossé a commencé à s'installer. A mon plus grand regret...

J'appris à passer le temps comme si j'étais une fille unique... Kiki n'était plus souvent là où ne s'intéressait pas à moi, je me suis donc tournée vers Maman. Elle est alors devenue, en plus de ma mère, ma confidente, ma grande sœur de substitution.

C'est avec elle que je me promenais en ville après avoir été la chercher à son travail après le collège...Le RITUEL... Je me souviendrai toujours de Maman disparaissant derrières ses dossiers sur son petit bureau et tapant agilement sur sa vieille machine à écrire de clerc de notaire...Elle prit d'ailleurs sa retraite juste à l'arrivée de l'informatique.


Le seul souvenir que j'ai avec Kiki est une sortie au cinéma pour voir mon premier film "d'ado" GREASE.....WAOW ! John Travolta et son déhanchement 😉

 Jamais trop tard, à bientôt 54 ans, 1ere virée entre sœurs dans une boutique de fringues  🤗 ! Petit moment de complicité à savourer

J'étais une pré-ado silencieuse, effacée ... me sentant invisible pour certains et cette sensation m'est parfois revenue à l'âge adulte...

Papa était, je pense, dépassé par son rôle de père face à ses deux filles, lui qui avait rêvé d'avoir un garçon. En ce temps là, pas de livres sur "l'Art d'être Père"... surtout face à deux filles...Lui même privé de tendresse par ses parents, commerçants bouchers, passant ses journées à jouer aux billes dans le caniveau devant la boutique.

Il était content de mes résultats au collège, au lycée. Plus tard, il me paiera des études et je l'en remercie beaucoup. Mais ses bras n'étaient pas faits pour la tendresse... Il arriva à lâcher prise vers ses 80 ans lorsque maman malade du cancer commença à s'affaiblir...

Comme bras, j'avais ceux de Mamy Hélène, maman et ceux d'Antoine lorsqu'il venait nous voir. Antoine, mon cousin, mon parrain, gentil géant au grand cœur.

Petit bémol et premier passage par la case "hospitalisation" : 12 ans, toutes mes dents 😉 mais encore mes canines "dents de lait" . Bizarre, bizarre, elles ne tombaient pas.

Diagnostic : canines incluses situées en perpendiculaire juste sous les sinus. Opération "cerclage" des canines définitives. De 12 à 15 ans, deux petits bouts de fils de fer sortirent de mes gencives juste devant...

Tous les 15 jours, j'allaient voir mon stomatologue, Dr Lalanne, heureusement très gentil, pour un petit tour de tournevis afin de les faire descendre...

SOURIRES EN DEMI-TEINTE ET APPRENTISSAGE DE LA PATIENCE


Monos ❤ Sollières
Monos ❤ Sollières

POINTILLES D'ADOLESCENCE

Ma période adolescente est passée "comme une lettre à la poste" face à mes parents. Pas de crise, j'étais bien dans mes baskets et dans mes rêves. Peinée d'avoir vu Maman pleurer lors de violentes disputes entre mon père et ma sœur, je n'avais pas, sûrement inconsciemment, envie de reproduire la même chose.

J'ai d'ailleurs, toujours fuit les conflits à l'âge adulte...

Nous avions déménagé dans un appartement, Résidence Lamartine, un nom pas anodin pour la jeune fille romantique que j'allais être.

J'avais déjà été habituée, pendant mon enfance, aux centres aérés le deuxième mois des vacances d'été, sous les pins à Soucelles. Travaux manuels, jeux dans la nature mais NON à la sieste imposée ! Je préférais, bien qu'allongée et silencieuse, garder mes sens en éveil.

Quelques années étaient passées et ma meilleure amie de l'époque, Agnès, me proposa de la rejoindre aux guides d'Europe... Très naïve, je la suivis...

Je tins le coup, un an...jusqu'au camp d'été et au grand raid de 40 km !

Trop militaire, trop catho, trop trop de tout pour moi rêveuse et vagabonde.

Alors, ce fut les camps d'ado à Sollières en Savoie, avec quelques copines du collège. La montagne, les monos dont un, une année, nous réveillait au son d'un cor de chasse, son instrument fétiche !


Liberté, insouciance, délires, flirts, randos...Je m'ouvrais aux autres tout en gardant mon petit monde intérieur chargé de rêves et d'émotions...

JE ME SOUVIENS

Nuit d'orage sous la tente, éclairs, tonnerres...pas vraiment rassurée ... Ma voisine de "sac de couchage" Nathalie, se met à crier : " les patates, les patates, est ce qu'on a mis les patates ? "

Moi, dans mon demi-sommeil : "Quoi , qu'est ce qu'elle raconte ?"

Et oui, un truc de l'époque pour que la pointe des piquets n'attirent pas la foudre : y piquer des pommes de terre !

Coups d'œil furtifs... oui, elles étaient bien là ...ouf !

J'en ris encore.

Briollay et son petit bois furent vendus, trop de frais et d'entretien, Lamartine nous voyait plus souvent, et de 4 nous étions plus fréquemment 3.


Babé